Devolver décret anti immigration Game developer conference

Devolver tend la main aux développeurs touchés par le décret anti-immigration

Nul n’est sans connaître le climat politique tendu aux USA ces dernières semaines, notamment en ce qui concerne le décret anti-immigration. Ce dernier empêche les studios venus des pays concernés de participer à la Game Developer Conference. Mais c’est sans compter Devolver qui a décidé de permettre à certains de ces studios de pouvoir malgré tout exposer leurs créations. 

Ce fameux décret anti-immigration dont on parle tant ces derniers jours a pour but d’empêcher l’entrée sur le sol américain de ressortissants venant de sept pays. Sont concernés l’Iran, l’Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Et cela pour une durée de 3 mois. Ce décret empêchera donc les développeurs des pays cités ci-avant de pouvoir assister à la Game Developer Conference 2017, un salon professionnel du jeu vidéo qui se déroulera du 27 février au 3 mars prochain au Moscone Convention Center de San Francisco.

Mais c’est sans compter Devolver Digital qui a décidé d’offrir aux créateurs ressortissants de ces pays la possibilité d’exposer leurs créations malgré tout. Pour cela, des PC ainsi que des sets HTC Vive vont être installés afin que les jeux de ces développeurs puissent être exposés aux participants. Les créateurs intéressés ont pour consigne d’envoyer leurs jeux par mail au studio en précisant le nom du studio, une courte description du jeu, le pays d’origine ainsi qu’un lien vers une vidéo du jeu.

« Ce que je préfère dans les jeux-vidéos, c’est leur nature intrinsèquement universelle, leur faculté à transcender les frontières et les différences culturelles, de manière encore plus efficace que les autres formes d’art. Travailler avec des gens venus du monde entier et issus de milieux et de contexte radicalement différents est l’une des raisons du succès de Devolver, et de notre épanouissement personnel dans ce métier. » (Mike Wilson, co-fondateur de Devolver)

Une prise de position plus nette du côté des petits studios

Certains autres studios indépendants ont aussi voulu montrer leur mécontentement face à ce décret. C’est par exemple le cas de Global Game Jam qui parle d’un « ordre exécutif signé par le président Trump allant à l’encontre de (leurs) valeurs » ou Insomniac Games qui dénonce « un acte déplorable, discriminatoire« . Par contre, du côté des gros éditeurs, les prises de position se font beaucoup plus discrètes. Ils ne mentionnent que très peu Donal Trump, la Maison Blanche ou le décret en lui-même.Ils se sont majoritairement retranchés derrière un communiqué publié par l’ESA (Entertainment Software Association) qui rappelle « le rôle important joué par l’immigration dans l’industrie » tout en ajoutant qu’il est « important de veiller à la sécurité des citoyens américains« . Une discrétion quelque peu surprenante quand on sait que l’industrie du jeu vidéo emploie de nombreux immigrés, aux Etats-Unis ou ailleurs. Même si l’on peut comprendre que du fait des suites du gamergate, de nombreux acteurs du secteur vidéoludique s’opposent à toute forme de politisation du jeu vidéo.